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    Web-série // Rencontre avec Samir Matki, entrepreneur social

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    " On m’a dit non partout. Mais avec mon caractère quand on me dit non, je prends l’information et si la porte est fermée, j’essaie de rentrer par la fenêtre et le velux."

     

    Il y a de ces parcours qui sont extraordinaires.

    Voici notre premier portrait d'une série de personnes au parcours atypique et motivant.

    De ses débuts à Valence à sa quête d'un travail épanouissant au service de causes, voici l'histoire de Samir, directeur financier chez Impact Partenaires.

     

    Zoom sur le portrait atypique d'un entrepreneur social.

     

     

    Aujourd’hui, nous sommes partis à la rencontre de Samir dont le parcours nous a énormément inspiré.

    De ses débuts dans la ville de Valence à la direction d’un fond d’investissement, il relate son parcours atypique et inspirant, puis, explique plus en détail le rôle d’un fond d’investissement social.

    A travers ce portrait, on souhaite vous montrer sans clichés, que toutes les portes sont ouvertes à l’heure où l’on se pose des questions sur notre avenir, nos retraites et l’environnement.


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    Samir corrigé 4K

     

    Lien de la vidéo


    #Partie 1 : Un parcours atypique

     

    Samir---portrait-atypique---impact-partenaires-1Bonjour, je m’appelle Samir Matki, j’ai 32 ans,  je suis originaire d’une petite ville qui s’appelle Valence.dans la Drôme.

     

    Ma première expérience professionnelle a été de devenir entrepreneur. J’ai eu la chance en parallèle de mon BTS de rencontrer une personne qui m’a formé à la distribution de produits financiers, des produits de placement du type assurance vie. J’ai exercé cette activité pendant un peu plus d’un an et demi. 

     

    Au bout d’un an et demi, on arrive à une période 2007-2008, où on connaît une crise économique et financière importante, qui me conduit à fermer mon entreprise suite à un manque de confiance de mes principaux clients et une incapacité à générer des revenus.

     

    Très rapidement pour faire de la finance vous vous posez des questions et vous vous dites :

    “ok, comment faire avec un BTS pour atteindre certaines typologies d’emploi ?”

     

    Recommencer de zéro….à l’étranger

    Tout naturellement, mon choix s’est porté vers la reprise de mes études dans une business school dans le Top 3 France.

    Malheureusement, je n’avais pas forcément les moyens à l’époque. Le meilleur choix a été évident : celui de reprendre mes études en cours du soir.

     

    Pour reprendre les études en cours du soir, il fallait avoir un certain niveau d’anglais. Je me suis donc installé à Londres. Je ne parlais pas un mot d’anglais à l’époque.

    Ce qui m’a le plus motivé, c’était ce challenge de pouvoir m'intégrer dans un pays que je ne connaissais pas, une langue que je ne maîtrisais pas.

     

    L’exercice le plus périlleux a été quand même de trouver un emploi ! 

     

    | " ...Avec mon caractère quand on me dit non, je prends l’information et si la porte est fermée, j’essaie de rentrer par la fenêtre et le velux. "

     

    Pendant un an et demi, j’ai eu la chance d’évoluer dans un environnement très international.

    C’est un métier qui m’a formé, qui m’a appris à vendre des produits complexes auprès de populations “high-level”. C’est à dire, qui ont un pouvoir de décision important dans les entreprises, notamment une capacité d’achat.

     

    À Londres, je me suis aperçu également que les études coûtaient très cher et j’avais toujours comme objectif d’obtenir un poste à responsabilité dans le monde de la finance.

    J’ai candidaté alors dans les universités un peu partout en France et aux UK.

    Le problème est qu’on m’acceptait en licence 1 alors que je pensais avoir les compétences nécessaires pour intégrer directement une licence 3.

     

    On m'a dit non partout.

    Mais avec mon caractère quand on me dit non, je prends l’information et si la porte est fermée, j’essaie de rentrer par la fenêtre et le velux.

     

    Objectif : Ecole de commerce dans le top 3

    J’ai réussi à trouver une superbe opportunité en étant engagé dans une banque tout en étant pris en licence 3 Economie et Gestion spécialisation Finance au CNAM.

     

    Les cours du soir aujourd’hui sont accessibles à tous. Il faut juste être prêt à donner beaucoup de sa personne. Il faut être prêt à faire preuve d'abnégation. Le temps étant assez réduit, on a pas le temps de voir en cours l’ensemble des concepts. Il faut faire un vrai travail par soi-même pour pouvoir valider ses compétences et son diplôme.

     

    Puis, j’ai eu un choix à faire entre intégrer à 100% le monde du travail ou de poursuivre mes études et intégrer une école de commerce du TOP 3.

    J’ai travaillé dur pour passer les concours, et j’ai eu la chance d’être accepté en MBA à l’ESCP Europe. L’école m’a permis de consolider certains savoir-faire, savoir-être liés à l’entreprise.

     

    Renouer avec l'entrepreneuriat

    Très rapidement, j’ai essayé d’intégrer un fond d’investissement où j’ai trouvé un stage qui m’a beaucoup appris.

    À la suite de ce stage, j’ai renoué avec l'entrepreneuriat puisque j’ai monté une deuxième entreprise qui avait pour but de collecter des denrées alimentaires dans les champs agricoles pour pouvoir les acheminer à des associations de mon territoire d’origine qui est la Drôme.

     

    | " ...Quand vous venez d’un milieu un peu modeste, vous vous dites que cette nourriture peut servir à des personnes se trouvant dans le besoin. "

     

    C’est assez facile de récolter des pêches, des pommes, des noix l’hiver. Tout de suite, on fait un constat assez simple : de nombreuses denrées alimentaires sont parfaitement consommables mais laissées dans les champs parce qu’elles ne respectent pas les formes, le calibre, la couleur des clients potentiels. 

     

    Alors que quand vous venez d’un milieu un peu modeste, vous vous dites que cette nourriture peut servir à des personnes se trouvant dans le besoin.

     

    Fond d’investissement : Impact Partenaires

    Et puis, j’ai eu la chance d’intégrer le fond d’investissement Impact Partenaires.

    Il y avait pas mal d’indicateurs qui me laissaient penser que c’était un espace d’expression pour moi, qui me permettrait de m’épanouir professionnellement. 

     

    samir_impact partenaires

     

    Aujourd’hui je suis directeur adjoint.

    En tant que directeur adjoint, ma mission peut être divisée en 4 grandes étapes :

    • Identifier des entrepreneurs qui au coeur même du modèle économique vont être inclusifs.
    • Discuter, négocier et créer un climat de confiance en permettant ensemble de construire un projet ambitieux et à fort impact social.
    • L’accompagnement, les rencontres avec les entrepreneurs de manières régulières.
    • Et enfin comme tout fond d’investissement, le moment où le divorce avec l'entreprise est prononcé.

    Je dirais qu’Il y a trois qualités primordiales qui mon permises d’atteindre mon objectif :

    • En premier lieu, il s’agit de la curiosité. Au quotidien je suis au contact d’entrepreneurs. Je m'intéresse à ce qu’ils font, aux sujets qui les motivent.
    • En second, je dirais la détermination. Lorsque j’étais en cours du soir, j’aurais à plusieurs reprises pu lâcher mes cours. J’ai souvent été face à des difficultés, j’aurais pu abandonner très tôt.
    • Enfin l’ouverture d’esprit. Cette capacité m’a permis de m'introduire dans des milieux qui n’étaient pas forcément les miens.

     

    #Partie 2 : Qu’est-ce qu’on fait au final dans un fond d’investissement social ?

    Impact partenaires est un fond d’investissement à vocation sociale qui a été fondé en 2008.

     

    On a aujourd’hui trois grands pôles d’activités :

     

    Accompagnement des entrepreneurs en croissance

    Une première activité où l’on accompagne des entrepreneurs en croissance. 

    Par exemple, on a investi dans l’entreprise Recycl Matelas Europe qui est une entreprise de recyclage de matelas.

     

    samir_impact partenaires- recyclmatelas

    Accompagnement des entrepreneurs à la création d’entreprises

    La deuxième activité est l’accompagnement d’entrepreneurs à la création d’entreprises au travers du commerce franchisé.

    Notre conviction chez Impact partenaires est que l’argent n’est pas une compétence. On essaie d’identifier des entrepreneurs qui ont entre 5 ans et 20 ans d'expériences, souvent dans des chaînes de distributions ou de restaurations, qui ont parfaitement les compétences techniques et managériales pour gérer une entreprise, mais qui par manque d’argent, ne peuvent pas entreprendre.

    Nous venons donc combler ce gap en leurs permettant de lancer leurs commerces franchisés.

     

    Animer l’écosystème du fond d’investissement

    Enfin, on a une troisième équipe qui vise elle, à animer l'écosystème d’Impact Partenaires en organisant des événements autour de différentes thématiques.

     

    Une des thématiques qui nous tient le plus à cœur est l’"apprentissage dating", qui est en fait une mise en relation entre des RH de grands groupes avec des jeunes issus de milieux modestes.

    L’idée est de les aider à trouver un stage, un apprentissage, leur permettant d’ouvrir le champs des possibles.

     

    J’aimerais initier de nouvelles choses entre les grands groupes d'entreprises sociales ou environnementales.

     

    Comment utiliser les technologies d’aujourd’hui pour servir de fortes causes ?

    Dans l’éducation par exemple, lorsque l’on peut utiliser des technologies de réalités virtuelles et augmentées sur des formations aux métiers manuels, on se rend compte qu’on peut former beaucoup de monde avec un coût réduit, avec une sécurité accrue, sur des postes qui au bout de quelques mois de formations peuvent déboucher sur des postes très bien rémunérés.

     

    Encore sur l'éducation, comment fait-on demain pour démocratiser des méthodes pédagogiques qui portent leurs fruits aujourd’hui ?

    On a financé une entreprise qui s’appelle Montessori21, c’est un réseau d’école qui adapte la méthode Montessori. L’idée étant de mixer les populations et de donner potentiellement accès à tout le monde, à une pédagogie qui coûte aujourd’hui très cher.

     

    Un autre sujet important lié à l’éducation est la formation aux métiers du numérique.

    Il y a des besoins de recrutement considérables dans ces métiers-là. L’objectif est de former en trois mois des personnes qui sont éloignées de l’emploi, qui sont sans diplôme, en reconversion, sur des métiers où les salaires sont entre 35 000 € et 40 000 € par exemple.

     

    Ces trois exemples poussent à positiver et montrent que de nombreuses actions sont possibles aujourd’hui.

     

    De nouveaux modèles économiques ?

    De même, une entreprise ne peut plus faire abstraction de son environnement, ne peut plus utiliser des ressources sans mesurer son impact environnemental.

    Pour moi il est indispensable de re-réfléchir à des modèles économiques. On a déjà atteint le maximum des ressources que la Terre peut produire.

     

    samir_impact partenaires- recyclmatelas 2

    Il y a des modèles économiques qui émergent sur la thématique de l’économie circulaire.

    Je vais reprendre l’exemple de Recycl Matelas Europe.

    C’est une entreprise qui récupère des matelas en fin de vie, qui sont usagés. Au lieu de les enfouir, elle les recycle à 100%. Au travers de démantèlement et de filières de recyclage.

    C’est une entreprise de réinsertion qui est basée dans le 78.

     

    Alors, comment nourrir plus de 9 milliards de personnes d’ici quelques années ?

    Quant à l’alimentation, on peut se poser la question : “Comment nourrir plus de 9 milliards de personnes d’ici quelques années ?”

    700 millions de personnes aujourd’hui meurent de faim ou sont victimes de malnutrition.

    C’est ce contre quoi j’essaie de lutter avec mes armes aujourd’hui en essayant d’identifier et d’aider des entreprises qui luttent à leur échelle contre ça. 

    Il y a des actions assez simples avant de raisonner en gros projets. Par exemple, nous avons investi chez Comerso qui récupèrent des denrées alimentaires en fin de vie dans les supermarchés et qui les distribuent à des associations.

     

    | " ...⅓ de la productions alimentaires mondiales est jetée avant d’être consommée, donc à priori la planète produit suffisamment pour nourrir 100% de la population. "

     

    De nombreux projets émergent, et malgré la conjoncture difficile, il y a de quoi être aussi positif.

     

    Site internet d'Impact Partenaires

     

     

     

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    | 07 janvier 2020| By Wan2bee

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